Pourquoi la ventilation est une obligation
Un bureau occupé accumule du CO2, de l’humidité, des odeurs et les polluants émis par le mobilier et les produits d’entretien. Sans renouvellement d’air, la qualité de l’air se dégrade vite, avec des effets sur le confort, la concentration et la santé des occupants.
Le code du travail encadre donc l’aération des locaux de travail. Les règles diffèrent selon que la pollution vient seulement des occupants (pollution non spécifique : bureaux, salles de réunion) ou de l’activité elle-même (pollution spécifique : ateliers, laboratoires, cuisines).
Les débits minimaux d’air neuf
Pour les locaux à pollution non spécifique ventilés mécaniquement, l’article R. 4222-6 du code du travail fixe le débit minimal d’air neuf à introduire par occupant :
| Type de local | Débit minimal d’air neuf par occupant |
|---|---|
| Bureaux, locaux sans travail physique | 25 m³/h |
| Locaux de restauration, de vente, de réunion | 30 m³/h |
| Ateliers et locaux avec travail physique léger | 45 m³/h |
| Autres ateliers et locaux | 60 m³/h |
Le débit total se calcule à partir de l’effectif prévu dans chaque local, pas de sa surface. Un plateau de bureaux réaménagé en open space plus dense, ou une salle transformée en salle de réunion, peut donc nécessiter plus d’air neuf qu’à l’origine.
Dans les locaux à pollution spécifique, le débit dépend des polluants à capter, sans jamais descendre sous ces valeurs.
Les contrôles à prévoir
L’employeur doit faire contrôler la ventilation au moins une fois par an dans les locaux à pollution non spécifique. Le contrôle porte notamment sur :
- le débit d’air neuf réellement introduit ;
- l’état des prises d’air, des rejets, des gaines et des ventilateurs ;
- les filtres : classe, dimensions, perte de charge ;
- les systèmes de traitement de l’air (batteries, humidificateurs).
Ces contrôles s’appuient sur le dossier de valeurs de référence remis à la mise en service de l’installation. Quand ce dossier manque, comme souvent dans les bâtiments anciens, la rénovation est l’occasion de le reconstituer.
Les solutions techniques
VMC simple flux
L’air est extrait mécaniquement dans les locaux humides ou pollués et entre par des bouches en façade. Simple et peu coûteuse, elle convient mal aux bureaux : l’air neuf entre sans filtration ni préchauffage, et les débits par occupant sont difficiles à garantir.
VMC double flux
L’air neuf est soufflé dans les bureaux et l’air vicié extrait, avec un échangeur qui récupère une grande partie de la chaleur de l’air extrait pour préchauffer l’air neuf. Elle filtre l’air entrant et maîtrise les débits. C’est la solution courante pour les petits et moyens plateaux de bureaux.
Centrale de traitement d’air (CTA)
Pour les bâtiments plus importants, une centrale de traitement d’air filtre, chauffe ou refroidit l’air neuf, et parfois l’humidifie, avant de le distribuer par un réseau de gaines. Elle peut être associée à une régulation par sonde de CO2 qui adapte le débit à l’occupation réelle, ce qui réduit la consommation des salles peu occupées.
| Solution | Taille de bâtiment | Récupération de chaleur | Filtration |
|---|---|---|---|
| VMC simple flux | Petits locaux | Non | Non |
| VMC double flux | Petits et moyens plateaux | Oui | Oui |
| Centrale de traitement d’air | Moyens et grands bâtiments | Oui | Oui, plusieurs étages |
Rénover la ventilation en site occupé
- Relevé des réseaux existants, des débits mesurés et des effectifs par local.
- Calcul des débits à atteindre selon l’aménagement actuel, pas celui d’origine.
- Phasage par étage ou par zone, travaux bruyants hors heures de bureau.
- Équilibrage aéraulique à la fin des travaux, puis remise du dossier de valeurs de référence.
Dans les bâtiments concernés par le décret BACS, la ventilation fait partie des équipements que la GTB doit pouvoir piloter : voir notre article sur le décret BACS.
RP CP installe et rénove la ventilation et le traitement d’air des bureaux en Île-de-France. Voir nos pages CVC et bureaux et tertiaire.
