Aller au contenu
RP CP

Remplacement des colonnes d’eau en copropriété : vote, diagnostic et déroulement

Le remplacement des colonnes montantes d’eau d’une copropriété se décide en assemblée générale, en principe à la majorité simple de l’article 24 quand les travaux sont nécessaires à la conservation de l’immeuble. Il se prépare par un diagnostic du réseau et un repérage amiante, puis se réalise colonne par colonne, avec des coupures d’eau courtes et annoncées.

Par RP CP. Publié le , mis à jour le . 7 min de lecture.

Colonnes montantes en cuivre neuves dans la cage d’escalier d’un immeuble rénové, avec vannes d’isolement et compteurs d’eau sur chaque départ.

Qu’est-ce qu’une colonne montante d’eau ?

Dans un immeuble collectif, l’eau froide (et parfois l’eau chaude) monte du compteur général vers les étages par des colonnes montantes, logées le plus souvent dans des gaines techniques en parties communes. À chaque palier, un piquage dessert les logements, avec une vanne d’isolement et souvent un compteur divisionnaire.

Les colonnes sont en principe des parties communes : leur entretien et leur remplacement relèvent du syndicat des copropriétaires. Le règlement de copropriété précise où s’arrête la partie commune, en général à la vanne ou au compteur de chaque logement.

Les signes qu’il faut remplacer les colonnes

  • Fuites répétées sur les mêmes colonnes, dégâts des eaux en cascade dans les étages.
  • Corrosion visible, eau rouge ou chargée à l’ouverture des robinets.
  • Baisse de pression aux derniers étages, due à l’entartrage ou à la corrosion interne.
  • Canalisations en plomb, encore présentes dans de nombreux immeubles anciens. Leur pose pour l’eau potable est interdite depuis 1995.
  • Vannes d’isolement grippées, qui obligent à couper tout l’immeuble pour la moindre intervention.

Le plomb, une raison suffisante à elle seule

Le plomb est toxique, en particulier pour les jeunes enfants et les femmes enceintes. Depuis le 25 décembre 2013, la limite de qualité de l’eau du robinet est de 10 µg/L de plomb. Des canalisations en plomb ne permettent pas, en général, de la respecter de façon fiable. La directive européenne 2020/2184 prévoit d’abaisser encore cette limite à 5 µg/L.

Un mauvais état des colonnes en plomb justifie donc leur remplacement, même en l’absence de fuite.

Quelle majorité en assemblée générale ?

Les travaux d’entretien et de conservation de l’immeuble se votent à la majorité simple de l’article 24 de la loi du 10 juillet 1965, c’est-à-dire à la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents ou représentés.

La Cour de cassation l’a confirmé le 9 juillet 2013 pour la rénovation d’un réseau de distribution d’eau défectueux, logé dans des gaines inaccessibles. Une réponse ministérielle rappelle aussi que le remplacement de colonnes en plomb par des colonnes saines répond à un intérêt collectif.

Si le projet va au-delà du remplacement à l’identique (création de gaines, déplacement des colonnes, ajout de compteurs individuels), une autre majorité peut s’appliquer. Le syndic et, si besoin, un conseil juridique qualifient les travaux avant l’assemblée.

Préparer le projet

Le diagnostic

Un état des lieux du réseau précède le devis :

  • relevé du tracé des colonnes et des gaines, accès par étage ;
  • matériau et diamètre des colonnes existantes ;
  • état des vannes, des piquages et des compteurs ;
  • pression disponible en pied d’immeuble et aux derniers étages ;
  • historique des sinistres, fourni par le syndic.

Le repérage amiante avant travaux

Les immeubles construits avant le 1er juillet 1997 peuvent contenir de l’amiante (gaines, enduits, joints, calorifuges). Avant des travaux qui touchent ces matériaux, le donneur d’ordre doit faire réaliser un repérage amiante avant travaux, encadré par l’arrêté du 16 juillet 2019. Le dossier technique amiante (DTA) des parties communes ne suffit pas toujours, car il n’est pas destructif.

Le choix des matériaux

Matériau Points forts À savoir
Cuivre Durable, éprouvé, compatible eau chaude et eau froide Assemblage par brasage ou sertissage
Multicouche Pose rapide, peu de raccords, bonne tenue à la corrosion Raccords à sertir, supportage soigné
Acier inox Très résistant, adapté aux réseaux sollicités Coût plus élevé, raccords à sertir inox

Le choix dépend de la qualité de l’eau, de la place disponible dans les gaines et du budget.

Le déroulement des travaux

  1. Information des occupants : affichage, calendrier des coupures, accès aux gaines et parfois aux logements.
  2. Pose de la colonne neuve, souvent en parallèle de l’ancienne pour limiter la durée de coupure.
  3. Basculement des piquages étage par étage : coupure d’eau de quelques heures sur la colonne concernée.
  4. Essais : épreuve d’étanchéité, rinçage, désinfection si nécessaire.
  5. Dépose de l’ancienne colonne ou neutralisation, fermeture des gaines et remise en état.
  6. Réception et remise du dossier des ouvrages exécutés au syndic.

Les travaux se font en site occupé. Un phasage colonne par colonne évite de priver tout l’immeuble d’eau.

Les points de vigilance

  • Accès aux logements : quand les colonnes passent dans les parties privatives, il faut organiser les rendez-vous en amont.
  • Raccordement des parties privatives : la limite entre travaux de la copropriété et travaux privés doit être claire dans le devis.
  • Compteurs : c’est le bon moment pour poser des compteurs divisionnaires ou les remplacer.
  • Réseau d’eau chaude collective : si l’immeuble en a un, les deux réseaux se traitent ensemble, avec le bouclage.

RP CP remplace les colonnes montantes d’eau des immeubles gérés par des syndics et des bailleurs en Île-de-France. Voir notre page plomberie et notre page copropriétés et syndics.

Sources

Cet article présente des règles générales. Les textes évoluent : vérifiez la version en vigueur avant toute décision.

À lire aussi

Besoin d’un avis sur votre installation ?

Décrivez le site, l’installation et le besoin. Nous revenons vers vous pour organiser une visite ou chiffrer sur plans.

AppelerDemander un devis